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[Melodic Speed / Happy Metal] Pink Bubbles Go Apes, par Helloween (?, 1990)

Helloween : Pink Bubbles Go Apes (Source : Amazon)Voici l'album qui précipita la chute pour Helloween. Le groupe avait, à l'époque, réalisé un parcours sans faut en commercialisant trois titres en progression constante: 'Walls Of Jericho', 'Keeper of The Seven Keys' et 'Keeper of the Seven Keys part II'. Hélas, alors qu'un succès mondial s'annonçait et que la presse voyait en eux les dignes successeurs d'Accept et Iron Maiden, tout alla de travers. Kai Hansen, guitariste et principal compositeur, s'en va fonder Gamma Ray, le groupe se trouve coincé dans des problèmes de labels insolubles et le monde du metal est en plein bouleversement. Après la sortie d'un best of et d'un live, Helloween décide de sortir ce 'Pink Bubbles Go Apes' très attendu. Trop sans doute. Michael Kiske est devenu le seul leader du groupe et il n'a plus à se soucier des contraintes imposées par Hansen. D'où un changement de direction musicale des plus surprenant. Pourtant on ne peut pas dire que ce soit fondamentalement un mauvais album. Il s'agit toujours d'un metal joyeux plein d'humour et de mélodies à reprendre en choeur, quoique le groupe délaisse les thèmes de l'heroic-fantasy pour des textes plus personnels et impliqués. Ce n'était pas nécessairement une bonne idée mais bon, le groupe avait au moins le mérite de changer son fusil d'épaule. La plage titulaire, trente seconde de musique accoustique avec la voix de Kiske, est une plaisenterie destinée à pousser l'auditeur - qui doit croire sa sono détraquée - à monter le volume. 'Kids of the Century' déboule ensuite et ce morceau (un single à l'époque), comprend de belles prouesses vocales, une batterie nerveuse et une mélodie efficace. Tout s'annonce donc sous les meilleurs auspices. Mais la suite ne sera pas de ce niveau. Ni 'Back on the Streets', ni 'Number One' (malgrè un refrain correct), ni 'Heavy Metal Hamsters' (sans doute voulu plus drôle que le résultat final ne le laisse supposer) ne parviennent véritablement à convaincre, quoique ces titres se laissent écouter. 'Going Home' et 'Someone is Crying' redressent heureusement la barre et Kiske montre toute l'impressionnante étendue de son registre vocal en atteignant, particulièrement sur le dernier titre cité, des hauteurs vertigineuses. 'Mankind' se maintient à un bon niveau mais le vaguement funky 'I'm doing fine crasy man' ne tient pas la route et laisse une impression d'inachevé. 'The Chance' vient ensuite et il s'agit sans doute de la meilleure chanson de l'album. Ecrite par Grapow ce sera la seule de cet album à figurer sur le double best of. Très classique - ou disons représentatif de la méthode de composition du groupe - ce morceau contient tout ce qu'aime le fan: bonne mélodie, refrain efficace, guitare puissante et vocaux impressionnants de maitrise. L'album se termine ensuite sur une power ballade correct intituliée 'Your Turn'. 'Pink Bubbles...' est un album de transition, qui reflète la situation d'un groupe en recherche de son identité perdue. Avec le départ de Hansen, l'arrivée de Grapow et la mainmise de Kiske sur le style pratiqué, il a surpris les fans. Evalué avec le recul ce disque n'est pourtant pas si mal. Il a simplement le tort de venir après une trilogie dénuée du MOINDRE titre faible. Hors, ici, on compte un tiers de morceaux excellents, un tiers juste correct et un tiers plutôt ratés. Néanmoins, la qualité de certaines mélodies, les performances des guitarites et le talent vocal de Kiske sauvent l'essentiel et l'ensemble se laisse écouter avec plaisir. Ensuite, bien sur, devait venir l'atroce 'Chameleon'...

GENRE : Melodic Speed / Happy Metal

SCORE : 70 / 100

TITRE A ECOUTER PRIORITAIREMENT :

  • The Chance
  • Mankind
  • Kids of the Century


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© Robert Viseur & Frédéric Pizzoferrato (2004-2012)