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[Experimental Metal F.M.] Chamaleon, par Helloween (?, 1993)
Lorsque vous parlez d'Helloween à un fan de metal, il vous citera immédiatemment les albums 'Walls Of Jericho' ou le dyptique 'Keeper Of The Seven Keys'. Les plus récents adeptes s'enthousiasmeront aussi (et avec raison) pour 'Master Of The Ring', 'The Dark Ride' ou 'Rabbit Don't Come Easy', voire 'The Time Of The Oath' ou même 'Better Than Raw'. Mais vous n'en trouverez pas un pour évoquer 'Chamaleon', considéré comme le pire album du groupe. Avec douze ans de recul il reste difficile d'imaginer comment cinq musiciens aussi talentueux ont put enregistrer un pareil ratage. Michael Kiske, une des plus belle voix du rock moderne, tous genre confondus, et les guitaristes Michael Weikath et Roland Grapow sont pourtant loin d'être manchôts, tout comme le bassiste Markus Grobkopf et le batteur Ingo Schwichtenberg, hélas décédé en 1995. Comment un type (Weikath) qui a écrit des hymnes aussi fabuleux que 'How Many Tears', 'Dr Stein' ou l'immense 'Keeper Of The Seven Keys' a t'il put accoucher de titres aussi faibles, qui auraient du, dans le meilleur des cas, être relégué au statut de bonus track ou à la rigueur de face B de singles? Il est évident que le groupe continuait sur la lancée (comprenez plutôt la descente) amorcée avec le précédent album, 'Pink Bubbles Go Apes', déjà relativement décevant. Mais que voulaient-ils réellement faire avec 'Chameleon'? La question reste posée et on ne peut qu'avancer quelques éléments de réponse sans comprendre la motivation réelle des musiciens. Explorer de nouveaux horizons et obtenir un gros succès commercial constituait sans doute le but recherché. Ce fut pourtant un échec à tous les niveaux, y compris commercial, et la seule vision de l'affreuse pochette laissait présager le pire. Certains groupes ont, certes, éprouvés, à un moment clé de leur carrière, l'envie de tenter une musique différente, parfois pour le pire, parfois pour le meilleur, sans rencontrer le succés. Rappelons simplement les prétentieuses tentatives classiques de Kiss ('Music From The Elder') ou Deep Purple ('Concerto For Band & Orchestra') mais, avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de trouver la moindre circonstance atténuante à Helloween. A la première écoute, 'First Time', le titre d'ouverture, est plutôt séduisant. Bien sur, on est loin d'un classique du groupe mais il s'agit au moins d'une chanson correcte, une sorte de compromis entre le son des débuts et l'objectif commercial désiré, bref du Heavy FM! Pas mal, donc. Mais la première chanson d'un album n'est-elle pas sensée accrocher immédiatement l'auditeur et lui donnait envie d'écouter le reste? Si, sans doute. Or 'First Time' ne remplit qu'en partie sa mission: elle donne envie de poursuivre l'écoute MAIS en espérant que la suite soit supérieure. Or ce n'est pas le cas. Loin de là. C'est même tout le contraire. Si les autres morceaux avaient été de ce niveau, Helloween aurait offert un album moyen et sympathique. Hélas, 'When The Sinner', le second titre, peut être considéré comme un remplissage médiocre. Le troisième, 'I dont' wanna cry no more', traite du décès du frère de Roland Grapow et cette ballade accoustique et mélancolique fait vaguement illusion sans être vraiment passionnante. 'Crasy Cat' est un nouveau remplissage boogie indigne du groupe et 'Giants', enfin, redresse la barre et retrouve - mais édulcoré - le style prisé par Helloween sur 'Keeper Of The Seven Keys'. La chanson laisse espérer une amélioration pour la seconde partie du disque mais l'auditeur va vite déchanter. 'Windmill' demeure le seul morceau que le groupe ait jugé digne de tirer de cet album maudit et de placer sur le double best of 'Treasure Chest'. Il s'agit d'une ballade, d'une comptine même. Personnellement je la trouve assez réussie, avec une belle mélodie qui reste facilement en mémoire. Evidemment, cela n'a strictement rien de commun avec ce que la majorité du public d'Helloween attends de son groupe fétiche. Mais bon, je ne peux m'empêcher de confesser un certain plaisir coupable pour une chanson que l'on imagine volontiers passer à un enfant pour qu'i
l s'endorme. Nous sommes à des années lumières du speed surpuissant des débuts mais, pour peu que l'on ait l'esprit large, reconnaissons que le morceau est bien composé et interprété. 'Music' et 'I Believe' voient le groupe s'entourer d'un orchestre et tenter un croisement vers le progressif et le classique, comme bien d'autres avant eux. L'intention était bonne mais le résultat ne suit pas vraiment, quoique ces deux morceaux possèdent quelques qualités comme de beaux vocaux et quelques solos intéressants. Mais tout le monde ne peut rivaliser avec Queen et ces titres restent inachevés et patauds. 'In The Night' et 'Longing', deux titres accoustiques supplémentaires n'apportent rien à la renommée du groupe, au contraire, ils s'apparentent à nouveaux à des faces B mal dégrossies. Quand à 'Revolution Now' et 'Step Out Of Hell', il s'agit de compositions qui paraissent inabouties et ne brillent que par instants. Pour un groupe débutant, l'auditeur serait sans doute indulgent mais, de la part d'un groupe aussi influent et renommé que Helloween, on peut raisonnablement espérer mieux que ces titres imparfaits et tout juste moyens. C'est vraiment l'impression dominante qui subsiste après l'écoute de 'Chameleon', d'ailleurs. Quelques passages ressortent, une ou deux mélodies se gravent dans l'esprit, certains solos de guitares s'avèrent efficaces, tout comme quelques riffs mais on a l'impression de se trouver en présence de la première démo d'un groupe. Ainsi, Helloween semble avoir voulu prendre une foule d'éléments disparates pour les assembler sur un seul album, parfois même au sein d'un même morceau: des orchestrations classiques, un peu de metal moderne", du heavy à l'ancienne, un brin de speed, beaucoup de musique accoustique, du hard FM, du progressif, de l'experimental, des synthés, des guitares, etc. Le résultat ressemble malheureusement à un collage peu inspiré qui ne retient l'attention qu'à de rares moments. L'album, sans être aussi infâme que certains l'ont prétendus, est néanmoins médiocre. Il fut cepandant salutaire dans le sens où Helloween, débarassé de ses prétentions grand public et de sa quête de crédibilité revint ensuite vers un heavy / Speed de qualité avec Andy Deris au chant. Mais c'est une autre histoire..."
GENRE : Experimental Metal F.M.
SCORE : 45 / 100
TITRE A ECOUTER PRIORITAIREMENT :
- Giants (pour les nostalgiques)
- First Time
- Windmill (pour les esprits larges)
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