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[Melodic Black Metal] A Coming Storm, par Cryptic Wintermoon (Massacre, 2003)
Depuis environ cinq ans, les groupes de black metal, du moins certains d'entre eux car ils restent d'irréductibles puristes, se sont largement ouverts à la mélodie, aux arrangements symphoniques et aux claviers. Cryptic Wintermoon marche donc sur les traces de Dimmu Borgir, Cradle of Filth et même Children Of Bodom avec son métal racé, travaillé et excellemment produit. Loin de la cacophonie de trop nombreux groupes du genre, Cryptic Wintermoon prend soin de rendre distinct la moindre note jouée, la moindre cymbale et le plus petit coup de médiator. Le son est absolument parfait sur chacun des titres qui, tous, mixent avec un certain talent, rage et mélodie, claviers et guitares, tempos médium et rapides, vocaux clairs et hurlements caverneux. Certes, rien de tous cela n'est véritablement novateur et, au bout de quelques titres, l'auditeur peut rapidement anticipé les changements de tempos et autres breaks rythmiques. N'empêche, le résultat est largement réussi. Hate Revealed s'impose en ouverture avec son intro au synthé d'inspiration classique et on s'attend à voir défiler le générique d'un film d'épouvante gothique lorsque surgit la voix, hargneuse mais relativement articulée, et le martèlement rythmique de la batterie, imaginative et bien en place, avec une guitare tranchante délivrant un riff énorme durant le refrain. 'Supersatan', 'Dark Crusade' (le morceau le plus virulent) et 'Necromancer' sont trois des meilleurs titres de l'album, menés par une guitare rapide mais sans excès afin que l'ensemble reste audible, digeste et agréable à l'écoute. Les solos sont également superbes, dans l'esprit du heavy metal traditionnel et des guitars héros, loin des bourdonnements de notes que l'on rencontre, hélas, trop fréquemment dans le métal extrême. D'ailleurs, malgré une certaine vélocité et une brutalité relative, le groupe demeure toujours étonnement mélodique et facilement assimilable, la volonté principale étant de procurer à l'auditeur un véritable plaisir d'écoute et non pas de lui détruire les neurones. 'The Shadowkeep' est un autre exemple de cette réussite avec une intrication exemplaire entre les notes de claviers mélancoliques, les riffs de guitare basiques mais bien joués et le chant agressif. La plage titulaire est une authentique ballade, dotée de notes de claviers douceâtres, d'arpèges adroits et d'un chant clarifié, alternant les passages mélancoliques avec d'autres plus agressifs. 'Nightcrawler' constitue, bien sûr, une reprise de Judas Priest qui prouve que le groupe de Rob Halford peut être joliment accommodé à la sauce black. La dernière chanson, 'When All Is Said And Done', est ponctuée de classiques mais toujours efficaces cloches d'église, sur un tapis sonore orageux, tandis qu'une guitare acoustique égrène de délicats arpèges avant un solo éthéré, le tout revisitant en partie une atmosphère déjà évoquée par le titre 'Nocturnal Whispers'. Un fort bel ouvrage de black metal mélodique, mélancolique, vaguement gothique et légèrement classique, qui plaira aux amateurs du genre et, particulièrement, aux fans de Dimmu Borgir et Cradle of Filth.
GENRE : Melodic Black Metal
SCORE : 80 / 100
TITRE A ECOUTER PRIORITAIREMENT :
- Necromancer
- When All Is Said & Done
- The Shadowkeep
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