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[Brutal Death / Grindcore] The Bleeding , par Cannibal Corpse (Metal Blade, 1994)
Cannibal Corpse, le groupe le plus extrême de la galaxie? Sans doute, oui. Du moins à l'époque de leurs glorieux débuts avec 'Eaten Back To Life'. Puis ce fut la surenchère avec 'Tomb Of The Mutilated' et 'Butchered At Birth': visuels de plus en plus répugnants, paroles dégueulasses à souhaits, 'musique' toujours plus primaire et barbare. Mais les meilleures choses ont une fin et, un jour, le groupe s'est retrouvé devant un dilemme. A un tel niveau d'extrémisme, il ne pouvait surenchérir davantage mais comment rendre sa 'musique' plus audible sans perdre son statut de groupe culte pour les maniaques et autres serial-killer. En optant pour un léger compromis mais en sauvant l'essentiel: les paroles gore. Car les clichés vomitifs développés par le groupe constitue l'essentiel de son succès, la musique étant accessoires (un peu comme chez G.W.A.R. dans un style plus léger et déconnant). 'The Bleeding' vit le jour et certains y virent pourtant une trahison: Cannibal Corpse mettait (légèrement) en veilleuse ses gimmicks carnivores pour accoucher d'un album plus modéré et un chouia plus mélodique. Ce fut d'ailleurs le dernier album avec Chris Barnes, avant que le bonhomme ne parte fonder Six Feet Under. Quelles sont donc les sacrilèges innovations de ce disque? Une pochette plus nuancée et une certaine variété dans les tempos qui rendent l'ensemble nettement plus digeste. Au niveau vocal, Barnes fait également preuve d'une certaine initiative et, parfois, ses hurlements indistincts se rapprochent pratiquement d'une voix humaine au point que l'une ou l'autre lignes de textes deviennent compréhensibles. Bien sur, nous sommes encore à des années-lumières d'un véritable chant mais il y a certes progrès comparé aux grrr-beurkkk-rrrhggg des années antérieures. Comme les paroles sont toujours aussi immondes, le groupe gagne même en perversité en permettant d'apprécier l'étendue de l'imagination sadique et détraquée de Barnes. Sur 'Stripped, Raped & Strangled', Chris Barnes adopte ainsi une voix oscillant entre le texte parlé et le beuglement grogné durant l'intro, avant de continuer le morceau sur le mode plus classique des gargouillements de zombie éviscéré. Les tempos des morceaux varient également et oscillent cette fois entre le medium et l'ultra-rapide, ce qui permet à l'auditeur de reprendre un peu son souffle et lui évite la saturation au bout de trois titres. Quoique toujours bâti sur des schémas de compositions simplistes et redondants, les changements de rythme évitent l'impression de lassitude inhérente au death jusqu'au boutiste. Mais les fans les plus dégénérés auront néanmoins leur lot d'émotions fortes, notamment sur 'Force Fed Broken Glass' avec les descriptions réalistes et détaillées des tourments subi par la pauvre victime voyant sa gorge être déchirée par le verre brisé. 'Staring Through The Eyes Of The Death' est sans doute le morceau le plus abordable écrit par le groupe, avec un embryon de mélodie, un semblant de refrain et un petit solo convenablement joué (si!). Ce titre pourrait séduire un public légèrement moins extrêmiste que les seuls amateurs de death ou de grindcore, tout comme le presque groovy 'Devored By Vermins' qui comporte un vrai refrain aisément mémorisable, une première pour le groupe! Il est certain que Cannibal Corpse fut, est et reste un groupe violent, extrême, barbare et volontiers inécoutable pour la majorité de l'humanité (et même pour les 3/4 des fans de metal) mais cet album constitue leur tentative la plus abordable et, en définitive, l'oeuvre la plus intéressante d'une discographie sinon très rébarbative et redondante. A tester avant l'achat quand même, sauf pour les plus extrêmistes.
GENRE : Brutal Death / Grindcore
SCORE : 75 / 100
TITRE A ECOUTER PRIORITAIREMENT :
- Staring Through The Eyes Of The Death
- Devored By Vermins
- Striped, Raped & Strangled
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