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[True Heavy Metal] Kings Of Metal, par Manowar (Atlantic, 1988)
Manowar Manowar! Le groupe le plus caricatural jamais engendré par le heavy metal, celui qui cultive les clichés avec une application et une dévotion inégalée. Le fameux 'documenteur' culte 'This Is Spinal Tap' de Rob Reiner présentait un groupe métal caricatural et cliché appelé Spinal Tap mais l'histoire de Manowar aurait put aisément s'y substituer. Est-ce à dire que le groupe est mauvais? Certes pas. Musicalement, Manowar assure avec un entrain et une énergie jamais démentie. Au niveau du look (type Conan le Barbare), des thématiques (filles réduites à l'esclavage sexuel mais qui en veulent toujours plus, fan club constitué de fous furieux propageant la bonne parole métallique, etc.) et des paroles (nous sommes les seuls, les vrais, les purs, les tatoués, les autres sont des tapettes!) c'est davantage une question de second degré, ou pas. Car, d'album en album, le groupe ressace inlassablement les mêmes clichés et les musiciens assument le fait de tourner ainsi en rond, refusant toute évolution véritable ou tout compromis. En réalite, Manowar joue le seul authentique True Metal et les autres ne sont que de vils copieurs. Na! Un peu prétentieux mais, après tout, Manowar compte des millions de fans et chaque amateurs du genre possède au moins un de leur album, comme un petit plaisir coupable parfois bien caché. Ce sixième album vient après le sympathique mais très commercial 'Fighting The World' et remet les pendules à l'heure, dès le titre on ne peut plus clair. L'ouverture se fait par un effet sonore inspiré d'une course de voiture avant que déboule le premier titre: 'Wheels of Fire'. Nous sommes ici en territoire connu et les musiciens témoignent d'une virulence retrouvée: Scott Columbus martèle ses futs avec une énergie impressionnate, Eric Adams monte vers les sommets sur les dernières phrases du morceau et Joey De Maio se charge d'une ligne de basse pulsante à souhait. Ajoutez à tout cela la guitare de Ross The Boss, qui délivre riffs d'acier et solos brulants et vous obtenez un petit classique de heavy metal sur-puissant, pas si éloigné de ça des groupes de thrash mélodiques tels Megadeth ou les premiers Metallica. La plage titulaire suit ensuite, carrée, barbare, orientée vers les foules extatiques, lesquels hurlent les fameux slogans du groupe, comme 'Manowar Kills - Other Bands Play!'. Terrible! Les musiciens, ont le sait, sont des brutes mais toutes les brutes cachent un coeur tendre et peuvent se laisser aller au romantisme, comme en témoigne 'Heart of Steel', un hymne sous forme de power-ballad. Epique, dotée de montées en puissance ravageuse, d'effets de cloche classiques mais toujours efficaces et conduite par un piano majestueux, elle demeure emblématique du groupe et bien des musiciens devaient par la suite s'en inspirer, tant Manowar définit ici ce que doit être une ballade pour un True Metal Band. Le moment pénible vient ensuite, lorsque Di Maio se pique de nous prouver ses compétences de bassiste en reprenant, muni de sa seule basse, le classique 'Sting of the Bumblebee' de Nikolai Rimsky-Korsakov. Amusant mais futile, le titre sert en quelque sorte de préambule à l'épique 'The Crown and the Ring' , un morceau d'inspiration médiévale, avec orgues d'eglise, cloches sonnantes, choeurs virils et vocaux hauts perchés. Le genre de morceau qui inspire, également, toute la vague True Metal dont Manowar apparaît incontestablement comme le géniteur. Vient ensuite l'efficace 'Kingdom Come' et le fameux 'Pleasure Slave', jadis une simple bonus track. Terriblement cliché, ce dernier titre se compose d'une guitare simpliste et d'une congrégation de filles soumises en plein orgasme. Seul Manowar pouvait se permettre se genre de fantaisie sans devenir la risée de l'univers...et encore. 'Hail and Kill' constitue un nouvel hymne et demeure une des chansons les plus violentes composées par le groupe, tant au niveau de la musique que du chant et même des paroles guerrières. Quoique débuté comme une ballade accoustique, le titre évolue rapidement vers une série de riffs rapides et de hurlements hystériques jusqu'à ce fameux rire démoniaque qui est le trademark du morceau. Après 'The Warriors Prayer', le groupe termine par un mid-tempo enlevé intitulé 'Blood of the Kings'. Le morceau, proche de l'auto-satisfaction, inclut les titres des précedents morceaux de Manowar, ainsi que la liste des pays conquis par le vrai métal. Rigolo et, comme la mélodie est catchy à souhait, une bonne façon de finir un disque, jusqu'au déchainement final où les instruments semblent se perdre dans un vacarme chaotique des plus réussis. Manowar a réussi là un de leur meilleur album (si ce n'est le meilleur) et a gravé une véritable référence pour toute la scène True / Power Metal: de Hammerfall à Rhapsody en passant par Domine, Kamelot et bien d'autres, tous s'en sont peu ou prou inspiré à un moment quelconque de leur carrière respective. Un classique, en fait.
GENRE : True Heavy Metal
SCORE : 85 / 100
TITRE A ECOUTER PRIORITAIREMENT :
- Heart Of Steel
- Wheels Of Fire
- Hail & Kill
- The Crown & The Ring
 | [plus d'infos] Manowar (1990-10-17). Kings of Metal. Atlantic / Wea. |
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